L'auteur
Patrick Jaulent est un
expert en Définition & Exécution stratégique, Tableaux de bord & Indicateurs de performance
Auteurs de plusieurs ouvrages sur ces sujets (Piloter vos performances, édition AFNOR - Méthodes de Gestion comment les intégrer Editions d'organisation - Les leviers de la performance Editions Riscus)
Président du Club Balanced Scorecard France
Docteur de Stanford Université AF.
Enseignant à ESCP et HEC Executive.
expert en Définition & Exécution stratégique, Tableaux de bord & Indicateurs de performance
Auteurs de plusieurs ouvrages sur ces sujets (Piloter vos performances, édition AFNOR - Méthodes de Gestion comment les intégrer Editions d'organisation - Les leviers de la performance Editions Riscus)
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Qu’est ce que le risque systémique ?
Mardi 6 Avril 2010Avant de présenter succinctement ce qu’est un risque systémique pour un système bancaire, il semble opportun de rappeler ce qu’est la pensée systémique à partir d’un extrait du livre « Méthodes de gestion : comment les intégrer » Editions d’Organisation, Patrick Jaulent et Marie-Agnès Quares, 2004, puis de définir ce qu’est un risque avant de conclure par le risque systémique.
La pensée systémique
La pensée systémique n’est certes pas un principe novateur puisqu’elle existe depuis plusieurs années. Le mot système vient du verbe grec sunistanai, qui signifiait à l’origine « provoquer le fait d’être ensemble ». Sans remonter le temps jusqu’à Léonard de Vinci(1) et Paul Valery(2) , et sans oublier H. A. Simon, prix Nobel de sciences économiques en 1978, la systémique a été formellement exposée dès 1948 par le biologiste Ludwig von Bertalanffy (General System Theory).
Le but de cette science des systèmes, dont les fondements furent spécifiés en 1920 par le chercheur russe Alexander Bogdanov, était de dégager des principes explicatifs de l’univers considérés comme des systèmes à l’aide desquels on pourrait modéliser la réalité. Bertalanffy proclamait alors : « …il y a des systèmes partout », ce qui signifie que l’on peut observer et reconnaître partout des objets possédant les caractéristiques des systèmes.
Il existe à ce jour plus d’une centaine de définitions différentes du mot système. Nous vous proposons un voyage dans le temps…
• « Le système est un ensemble d’unités en interrelations mutuelles. » (Von Bertalanffy.) (3)
• « Le système : un processus de rétroaction ayant une structure spécifique et ordonnée. » (Jay Forrester.) (4)
• « Un système est un ensemble d’éléments en interaction dynamique, organisés en fonction d’un but. » (Joël de Rosnay.) (5)
• « Un système est un objet qui, dans un environnement doté de finalités, exerce une activité et voit sa structure interne évoluer au fil du temps, sans qu’il perde pourtant son identité unique. » (Jean-Louis Le Moigne.) (6)
• Un système est une unité globale organisée d’interrelation entre éléments, actions ou individus. » (Edgar Morin.) (7)
• Un système est un ensemble d’éléments corrélés et interactifs. (ISO 9000 : 2000.)
Fondamentalement, tout peut être classé et défini comme un système : les organismes biologiques (y compris le corps humain), l’atmosphère, les maladies, les usines, les réactions chimiques, les entités politiques, les communautés, les industries, les familles, les équipes, de même que toutes les autres organisations comme une forêt, une automobile, une bicyclette…
En effet, une bicyclette peut être considérée comme un système. Les fonctions d’une bicyclette (rouler, s’arrêter…) dépendent des interactions entre ses éléments ou composants, à savoir : le cadre, le pédalier, la chaîne, les roues, les freins, etc.
Cependant, ces éléments ne permettent pas d’identifier une bicyclette parce que la fonction de la bicyclette n’est pas incluse dans les différents éléments mais dans l’interaction entre ceux-ci. Si une personne qui n’a jamais vu une bicyclette en aperçoit une couchée sur le sol, elle ne la considérera jamais comme autre chose que du métal soudé !
Par contre, si cette personne voit quelqu’un monter sur la bicyclette, elle identifiera la ou les fonctionnalités de celle-ci et imaginera qu’elle peut servir à transporter des choses, à prendre du bon temps, qu’elle peut être collectionnée, etc. Sans le cycliste, le comportement du « système bicyclette » n’existe pas : « Percevoir un objet, c’est nécessairement lui attribuer quelques nécessités » (Jean-Louis Le Moigne).
Une ville peut être perçue comme un système dont le but serait de fournir un emploi, un logement et d’autres prestations sociales pour ses habitants. L’arbre et la forêt peuvent également être considérés comme des systèmes. Le corps humain, l’entreprise sont des systèmes. Nous y reviendrons.
Plusieurs approches de la systémique peuvent être utilisées en fonction du but recherché. Parmi ces différentes approches, nous nous intéresserons plus particulièrement à l’approche :
• fonctionnelle des systèmes ;
• dynamique des systèmes.
Cette dernière approche, basée sur les boucles causales, me semble pertinente pour identifier le risque systémique.
Qu’est qu’un risque pour un financier
En 1921, Frank Knight a proposé une distinction qui fait référence entre le risque et l’incertitude : à un risque peuvent être assignées des probabilités mathématiques mais pas à une incertitude.
Dans un système financier, les événements aléatoires peuvent être considérés comme des risques ou des incertitudes. Les autorités doivent faire le choix entre ces deux types d’événements et naturellement le mode de traitement financier (régulation) sera très différent en fonction de ce choix. Dans une grande majorité des systèmes de gestion (encore un système !) le risque est fondé sur la notion de boîte noire, ou entrent des données et sortent une mesure telle que la VaR (Valeur en Risque). Cette mesure prend l’hypothèse qu’un aléa est un risque selon la définition de Knight. Cette mesure repose sur l’idée que le système financier peut être décrit par une succession d’équations mathématiques. Il suffit dès lors de trouver la bonne équation pour mesurer le risque !
La VaR part de l’hypothèse que les données d’entrée (celle du marché) suivent un processus stochastique dépendant des observations antérieures, de leur évolution et de celles des autres variables.
Depuis son apparition dans la réglementation financière dans l’amendement de 1996 des accords de Bâle, la VaR est la méthode la plus fréquemment utilisée pour évaluer le risque de marché. La question est donc de savoir si la VaR est fiable et si tel n’est pas le cas, existe-t-il d’autres modèles pour la remplacer.
Au sujet de la fiabilité de la VaR la réponse est : Non !
Outre des lacunes théoriques, la VaR débouche sur des évaluations du risque pour le moins imprécises comme il a été démontré à maintes reprises (Danielsson, 2002). A titre d’exemple vous pouvez analyser l’exemple de la VaR journalière pour le titre d’IBM calculée le premier jour de l’année, entre 2000 et 2009 sur un portefeuille de 1000 dollars. C’est éloquent !!!
C’est ainsi qu’au premier jour de l’année 2009, au plus fort de la crise la VaR était faible alors que la valeurs des actifs était en train de s’effondrer. La VaR indiquait un risque inférieur à son niveau du début de la décennie.
Nous en venons à la seconde question : Existe-t-il un (des) modèle(s) de remplacement de la VaR. La réponse et OUI, MAIS…
Les autres modèles proposés pour remplacer la VaR telles que la Tail VaR (VaR sur risque extrême) sont très difficiles voire impossibles à mettre en œuvre. Ainsi, à la date d’aujourd’hui, pour le meilleur et pour le pire, il semblerait que nous soyons condamnés à vivre avec la VaR.
Le risque systémique
Fort des points abordés ci-dessus, nous pouvons aborder le risque systémique.
Mon corps est un système et le cancer est un risque systémique pour moi. Il provoque une chaîne d'événements qui peuvent conduire à une défaillance d'organes et à la mort. Votre entreprise est un système, et la faillite est un événement de perte systémique. Si les abeilles meurent, les plantes ne seront plus « pollinisées ». C’est un risque systémique pour notre écosystème. Lorsqu’un nombre important de plantes, de mammifères et d'amphibiens sont menacés d'extinction : c’est un risque systémique. Chaque système a sont lots de risques. Prenez le système Internet : survivrait-il à une « cyber guerre » ? Il ne s’agit pas là de science fiction ou du dernier film de Georges Lucas (cf. la Guerre des Etoiles). Lors du denier conflit entre la Georgie et la Russie, Internet a été utilisé pour créer une cyber émeute et faire tomber un pays. Une cyber attaque peut saper la confiance dans Internet et par là même devenir inutilisable. Je vous laisse le soin d’imaginer la fin du film.
Le système bancaire est composé de systèmes endogènes qui interagissent entre eux mais également avec d’autres systèmes exogènes qui composent le marché comme par exemple le système boursier, les systèmes de crédit, les systèmes immobiliers, les systèmes d’acquéreurs (vous, moi, les entreprises), les systèmes d’assurance, les systèmes d’entreprise, etc. Et oui, tout ce petit monde interagit.
Le risque systémique dans le système bancaire illustre un sinistre, initialement circonscrit à quelques établissements en nombre limité, qui va ensuite se propager à l’ensemble du secteur bancaire via le crédit interbancaire et le crédit aux entreprises. Et sans crédit interbancaire les banques ne prêtent plus (ou très difficilement), les entreprises ne peuvent plus investir, les salariés ne peuvent plus acheter, les agences immobilières, ne vendent plus. C’est tout les systèmes de financement de l’économie qui s’effondrent. La confiance est perdue. Le salarié n’a plus confiance dans l’entreprise (les licenciements commencent), le patron de l’entreprise n’a plus confiance dans son banquier (les faillites commencent) les établissements bancaires n’ont plus confiance entre eux (ils ne se prêtent plus)…
La principale cause de cette contagion du système bancaire (un établissement bancaire US tousse et c’est l’ensemble des systèmes bancaires mondiaux qui s’enrhume, pour paraphraser une formule célèbre) est humaine (donc difficilement maîtrisable). Par exemple, lorsqu’un agent bancaire reçoit une information imparfaite, il a tendance à considérer celle-ci comme une menace. Typiquement une défaillance d’une banque ( et pire encore de plusieurs banques) entraînera (à juste titre) une attitude de défiance. Ainsi un « problème de solvabilité »sera interprété comme une « crise de liquidité ». Les agents ne feront plus confiance aux systèmes.
Le risque systémique est la probabilité de perte pour un système. Ce n’est pas un événement que l’on peut calculer « aisément ». Il s’agit plus d’une succession d’échecs dont l’impact s’incrémente pour aboutir à une exposition systémique voire à une perte.
Comment faire alors pour, à défaut de calculer le risque systémique (avec nos connaissances actuelles), en réduire la probabilité. Une solution consisterait à maîtriser la taille et la complexité des établissements pouvant être à l’origine d’un risque systémique. Cela passera très certainement par la refonte des normes de fonds propres auxquels sont tenus ces établissements
1. Voir son Traité de la peinture, 1651.
2. Voir son Introduction à la méthode de Léonard de Vinci, 1895.
3. Von Bertalanffy (Ludwig), Théorie du système général, 1948.
4. Forrester (Jay), Urban Dynamics, 1969.
5. De Rosnay (Joël), Le Macroscope, 1975.
6. Le Moigne (Jean-Louis), Théorie du système général, 1977.
7. Morin (Edgar), La méthode, 5 vol. parus en 1977, 1980, 1986, 1991 et 2001.
La pensée systémique n’est certes pas un principe novateur puisqu’elle existe depuis plusieurs années. Le mot système vient du verbe grec sunistanai, qui signifiait à l’origine « provoquer le fait d’être ensemble ». Sans remonter le temps jusqu’à Léonard de Vinci(1) et Paul Valery(2) , et sans oublier H. A. Simon, prix Nobel de sciences économiques en 1978, la systémique a été formellement exposée dès 1948 par le biologiste Ludwig von Bertalanffy (General System Theory).
Le but de cette science des systèmes, dont les fondements furent spécifiés en 1920 par le chercheur russe Alexander Bogdanov, était de dégager des principes explicatifs de l’univers considérés comme des systèmes à l’aide desquels on pourrait modéliser la réalité. Bertalanffy proclamait alors : « …il y a des systèmes partout », ce qui signifie que l’on peut observer et reconnaître partout des objets possédant les caractéristiques des systèmes.
Il existe à ce jour plus d’une centaine de définitions différentes du mot système. Nous vous proposons un voyage dans le temps…
• « Le système est un ensemble d’unités en interrelations mutuelles. » (Von Bertalanffy.) (3)
• « Le système : un processus de rétroaction ayant une structure spécifique et ordonnée. » (Jay Forrester.) (4)
• « Un système est un ensemble d’éléments en interaction dynamique, organisés en fonction d’un but. » (Joël de Rosnay.) (5)
• « Un système est un objet qui, dans un environnement doté de finalités, exerce une activité et voit sa structure interne évoluer au fil du temps, sans qu’il perde pourtant son identité unique. » (Jean-Louis Le Moigne.) (6)
• Un système est une unité globale organisée d’interrelation entre éléments, actions ou individus. » (Edgar Morin.) (7)
• Un système est un ensemble d’éléments corrélés et interactifs. (ISO 9000 : 2000.)
Fondamentalement, tout peut être classé et défini comme un système : les organismes biologiques (y compris le corps humain), l’atmosphère, les maladies, les usines, les réactions chimiques, les entités politiques, les communautés, les industries, les familles, les équipes, de même que toutes les autres organisations comme une forêt, une automobile, une bicyclette…
En effet, une bicyclette peut être considérée comme un système. Les fonctions d’une bicyclette (rouler, s’arrêter…) dépendent des interactions entre ses éléments ou composants, à savoir : le cadre, le pédalier, la chaîne, les roues, les freins, etc.
Cependant, ces éléments ne permettent pas d’identifier une bicyclette parce que la fonction de la bicyclette n’est pas incluse dans les différents éléments mais dans l’interaction entre ceux-ci. Si une personne qui n’a jamais vu une bicyclette en aperçoit une couchée sur le sol, elle ne la considérera jamais comme autre chose que du métal soudé !
Par contre, si cette personne voit quelqu’un monter sur la bicyclette, elle identifiera la ou les fonctionnalités de celle-ci et imaginera qu’elle peut servir à transporter des choses, à prendre du bon temps, qu’elle peut être collectionnée, etc. Sans le cycliste, le comportement du « système bicyclette » n’existe pas : « Percevoir un objet, c’est nécessairement lui attribuer quelques nécessités » (Jean-Louis Le Moigne).
Une ville peut être perçue comme un système dont le but serait de fournir un emploi, un logement et d’autres prestations sociales pour ses habitants. L’arbre et la forêt peuvent également être considérés comme des systèmes. Le corps humain, l’entreprise sont des systèmes. Nous y reviendrons.
Plusieurs approches de la systémique peuvent être utilisées en fonction du but recherché. Parmi ces différentes approches, nous nous intéresserons plus particulièrement à l’approche :
• fonctionnelle des systèmes ;
• dynamique des systèmes.
Cette dernière approche, basée sur les boucles causales, me semble pertinente pour identifier le risque systémique.
Qu’est qu’un risque pour un financier
En 1921, Frank Knight a proposé une distinction qui fait référence entre le risque et l’incertitude : à un risque peuvent être assignées des probabilités mathématiques mais pas à une incertitude.
Dans un système financier, les événements aléatoires peuvent être considérés comme des risques ou des incertitudes. Les autorités doivent faire le choix entre ces deux types d’événements et naturellement le mode de traitement financier (régulation) sera très différent en fonction de ce choix. Dans une grande majorité des systèmes de gestion (encore un système !) le risque est fondé sur la notion de boîte noire, ou entrent des données et sortent une mesure telle que la VaR (Valeur en Risque). Cette mesure prend l’hypothèse qu’un aléa est un risque selon la définition de Knight. Cette mesure repose sur l’idée que le système financier peut être décrit par une succession d’équations mathématiques. Il suffit dès lors de trouver la bonne équation pour mesurer le risque !
La VaR part de l’hypothèse que les données d’entrée (celle du marché) suivent un processus stochastique dépendant des observations antérieures, de leur évolution et de celles des autres variables.
Depuis son apparition dans la réglementation financière dans l’amendement de 1996 des accords de Bâle, la VaR est la méthode la plus fréquemment utilisée pour évaluer le risque de marché. La question est donc de savoir si la VaR est fiable et si tel n’est pas le cas, existe-t-il d’autres modèles pour la remplacer.
Au sujet de la fiabilité de la VaR la réponse est : Non !
Outre des lacunes théoriques, la VaR débouche sur des évaluations du risque pour le moins imprécises comme il a été démontré à maintes reprises (Danielsson, 2002). A titre d’exemple vous pouvez analyser l’exemple de la VaR journalière pour le titre d’IBM calculée le premier jour de l’année, entre 2000 et 2009 sur un portefeuille de 1000 dollars. C’est éloquent !!!
C’est ainsi qu’au premier jour de l’année 2009, au plus fort de la crise la VaR était faible alors que la valeurs des actifs était en train de s’effondrer. La VaR indiquait un risque inférieur à son niveau du début de la décennie.
Nous en venons à la seconde question : Existe-t-il un (des) modèle(s) de remplacement de la VaR. La réponse et OUI, MAIS…
Les autres modèles proposés pour remplacer la VaR telles que la Tail VaR (VaR sur risque extrême) sont très difficiles voire impossibles à mettre en œuvre. Ainsi, à la date d’aujourd’hui, pour le meilleur et pour le pire, il semblerait que nous soyons condamnés à vivre avec la VaR.
Le risque systémique
Fort des points abordés ci-dessus, nous pouvons aborder le risque systémique.
Mon corps est un système et le cancer est un risque systémique pour moi. Il provoque une chaîne d'événements qui peuvent conduire à une défaillance d'organes et à la mort. Votre entreprise est un système, et la faillite est un événement de perte systémique. Si les abeilles meurent, les plantes ne seront plus « pollinisées ». C’est un risque systémique pour notre écosystème. Lorsqu’un nombre important de plantes, de mammifères et d'amphibiens sont menacés d'extinction : c’est un risque systémique. Chaque système a sont lots de risques. Prenez le système Internet : survivrait-il à une « cyber guerre » ? Il ne s’agit pas là de science fiction ou du dernier film de Georges Lucas (cf. la Guerre des Etoiles). Lors du denier conflit entre la Georgie et la Russie, Internet a été utilisé pour créer une cyber émeute et faire tomber un pays. Une cyber attaque peut saper la confiance dans Internet et par là même devenir inutilisable. Je vous laisse le soin d’imaginer la fin du film.
Le système bancaire est composé de systèmes endogènes qui interagissent entre eux mais également avec d’autres systèmes exogènes qui composent le marché comme par exemple le système boursier, les systèmes de crédit, les systèmes immobiliers, les systèmes d’acquéreurs (vous, moi, les entreprises), les systèmes d’assurance, les systèmes d’entreprise, etc. Et oui, tout ce petit monde interagit.
Le risque systémique dans le système bancaire illustre un sinistre, initialement circonscrit à quelques établissements en nombre limité, qui va ensuite se propager à l’ensemble du secteur bancaire via le crédit interbancaire et le crédit aux entreprises. Et sans crédit interbancaire les banques ne prêtent plus (ou très difficilement), les entreprises ne peuvent plus investir, les salariés ne peuvent plus acheter, les agences immobilières, ne vendent plus. C’est tout les systèmes de financement de l’économie qui s’effondrent. La confiance est perdue. Le salarié n’a plus confiance dans l’entreprise (les licenciements commencent), le patron de l’entreprise n’a plus confiance dans son banquier (les faillites commencent) les établissements bancaires n’ont plus confiance entre eux (ils ne se prêtent plus)…
La principale cause de cette contagion du système bancaire (un établissement bancaire US tousse et c’est l’ensemble des systèmes bancaires mondiaux qui s’enrhume, pour paraphraser une formule célèbre) est humaine (donc difficilement maîtrisable). Par exemple, lorsqu’un agent bancaire reçoit une information imparfaite, il a tendance à considérer celle-ci comme une menace. Typiquement une défaillance d’une banque ( et pire encore de plusieurs banques) entraînera (à juste titre) une attitude de défiance. Ainsi un « problème de solvabilité »sera interprété comme une « crise de liquidité ». Les agents ne feront plus confiance aux systèmes.
Le risque systémique est la probabilité de perte pour un système. Ce n’est pas un événement que l’on peut calculer « aisément ». Il s’agit plus d’une succession d’échecs dont l’impact s’incrémente pour aboutir à une exposition systémique voire à une perte.
Comment faire alors pour, à défaut de calculer le risque systémique (avec nos connaissances actuelles), en réduire la probabilité. Une solution consisterait à maîtriser la taille et la complexité des établissements pouvant être à l’origine d’un risque systémique. Cela passera très certainement par la refonte des normes de fonds propres auxquels sont tenus ces établissements
1. Voir son Traité de la peinture, 1651.
2. Voir son Introduction à la méthode de Léonard de Vinci, 1895.
3. Von Bertalanffy (Ludwig), Théorie du système général, 1948.
4. Forrester (Jay), Urban Dynamics, 1969.
5. De Rosnay (Joël), Le Macroscope, 1975.
6. Le Moigne (Jean-Louis), Théorie du système général, 1977.
7. Morin (Edgar), La méthode, 5 vol. parus en 1977, 1980, 1986, 1991 et 2001.
Tags :
risque
Rédigé par par Dr Patrick Jaulent, Président du club Balanced Scorecard le Mardi 6 Avril 2010 à 07:24
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